1925: Joseph Arendt: La formation sociale par la JOC

Les Editions Jocistes N° 2

Jos. ARENDT, S. J.

LA FORMATION SOCIALE PAR LA J. O. C.

La Jeunesse Ouvrière Chrétienne

SECRÉTARIAT GÉNÉRAL

BRUXELLES

LES EDITIONS JOCISTES N° 2

Jos. ARENDT, S. J.

LA FORMATION SOCIALE par la J. O. C.

SECRÉTARIAT GÉNÉRAL : Rue Plétinckx, 19 (Bourse) BRUXELLES

CHEQ. POST. 105.963 (P. GARCET) – TEL. 154.44

LA FORMATION SOCIALE

par la J. O. C.1

I. – FORMATION SOCIALE ET FORMATION RELIGIEUSE.

Mes chers Amis, la formation sociale que la J. O. C. entend donner à ses membres ne peut être séparée de leur formation religieuse. Celle-ci, votre premier Congrès National l’a proclamé solennellement, est le but primordial de la J. O. C., mais la formation sociale en est le complément indispensable. La formation religieuse apprend aux jeunes chrétiens à aimer Dieu pour Lui-même et le prochain pour Dieu. La formation sociale complète cet enseignement en apprenant, plus en détail, plusieurs moyens excellents de pratiquer le véritable amour du prochain.

A. Pourquoi devons-nous aimer et servir notre prochain ?

1. – Nous aimons Dieu d’abord pour son infinie perfection car nous trouvons en Lui à un degré éminent toutes les qualités que nous admirons et aimons dans les créatures : la sagesse, la bienveillance, la justice, la miséricorde, la douceur, la beauté, la puissance. Nous L’aimons parce qu’Il nous a tout donné, Il nous a fait ce que nous sommes. Il nous a comblés depuis notre enfance de ses bienfaits quotidiens, avec la tendresse d’un père, Il nous prépare un bonheur complet, dépassant tous nos désirs, que nous goûterons pour toujours avec Lui.

2. – Pénétrés d’amour et de reconnaissance nous voulons à notre tour donner quelque chose à Dieu. Mais il n’a besoin de rien, absolument de rien. Alors, dans sa bonté, Dieu daignant nous procurer le moyen de Lui prouver notre amour et de manifester notre reconnaissance, Dieu nous montre nos frères, les autres hommes ignorants, coupables, malheureux, malades, pauvres, et Il nous invite à considérer en eux son image à Lui, ses représentants, ses amis, ses fils et à leur faire du bien, en son Nom.

Avez-vous déjà lu attentivement l’admirable page de l’Evangile où Saint Matthieu nous rapporte la description, faite par Notre Seigneur lui-même, du jugement dernier ? Nous avons là l’indication claire et précise de la volonté de notre Divin Maître. Celui-ci annonce qu’au jour du jugement Il s’adressera aux élus en ces termes : « Venez-les bénis de mon Père : prenez possession du royaume qui vous a été préparé dès l’origine du monde. Car j’ai eu faim et vous m’avez donné à manger ; j’ai eu soif et vous m’avez donné à boire ; j’étais étranger et vous m’avez recueilli ; nu et vous m’avez vêtu ; malade et vous m’avez visité ; en prison et vous êtes venus à moi… En vérité, je vous le dis, toutes les fois que vous l’avez fait à l’un des plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. »

De même le Souverain Juge condamnera les damnés au feu éternel pour avoir manqué d’amour pratique envers leur prochain.

3. – Vous comprenez bien, mes chers Amis, que dans ces paroles de Jésus, la nourriture et la boisson matérielles, les vêtements du corps sont pris à titre d’exemples ; la même doctrine s’applique aussi et surtout à la nourriture de l’âme, c’est à dire aux bons enseignements, aux bons conseils, aux encouragements, aux consolations et surtout aux bons exemples.

Vous comprenez aussi que l’organisateur ou le dirigeant de nos œuvres sociales qui s’efforce non pas seulement de procurer à ses frères un secours passager et incertain, mais de les mettre en état de s’assurer régulièrement eux-mêmes, par leur union, leur travail et leur prévoyance, ce dont ils ont besoin, fait plus pour eux et par conséquent mérite davantage l’approbation du Divin Maître que l’homme charitable qui se borne à distribuer quelques aumônes.

B. En travaillant pour la J. O. C. nous servons excellemment nos frères.

1. En vous occupant si activement, si généreusement, de l’organisation et du développement des sections de la J. O. C., vous répondez donc certainement au désir de Jésus qui veut sauver les jeunes travailleurs salariés et assurer leur bonheur dès cette vie et pour toujours. Lorsque vous recevez vos convocations, pouvez-vous dire que c’est Lui qui vous appelle ; lorsque vous versez vos cotisations pour la propagande, vous pouvez vous dire que c’est à Lui que vous donnez.

2. Vous le savez bien, l’adhésion à nos organisations ouvrières a un double aspect. Le travailleur qui entre dans un de nos groupements peut y chercher, très légitimement, des avantages pour lui-même, la protection de ses intérêts ; mais il peut aussi, et c’est encore beaucoup mieux, chercher dans nos associations un moyen très sûr et très pratique de venir en aide à ses camarades, à ses frères, de leur adoucir les difficultés de la vie, de les préserver des dangers menaçants, de leur procurer plus de vérité, de bien-être et de joie, de mieux les préparer à l’éternel bonheur. C’est dans cet esprit que vous avez donné notre adhésion enthousiaste à la J. O. C. et c’est pourquoi vous demandez à celle-ci de perfectionner votre formation sociale et celle de tous vos compagnons.

II. – LES TROIS PARTIES DE NOTRE FORMATION SOCIALE.

A. Il y a trois parties.

Toute formation comprend trois parties : il faut apprendre à voir, apprendre à juger et apprendre à faire. Voyez l’apprenti qui arrive à l’atelier. Il doit d’abord apprendre à voir, à connaître les machines, les outils, les matières premières, les différents travaux et les diverses façons dont on peut les exécuter. Il doit ensuite apprendre à juger, à choisir convenablement ses instruments, sa position, les objets à transformer, la méthode à suivre. Il doit enfin apprendre à faire ; et c’est peut-être là le plus difficile ; seule l’habitude du métier, acquise par une pratique assez longue, lui permettra de travailler aisément, vite et bien.

B. Ces trois parties sont nécessaires.

Remarquez, s’il vous plaît, que ces trois parties de votre formation sociale sont toutes trois indispensables au résultat que vous voulez obtenir. Il ne vous suffit pas de voir les réalités sociales et tout ce que vous pourriez faire pour les améliorer, il ne vous suffit pas de juger sagement au sujet des moyens à employer ; il faut encore que vous agissiez avec courage et persévérance. Mais d’autre part il serait imprudent d’agir sans avoir bien vu et bien jugé et il serait sot de juger sans avoir suffisamment regardé.

Pour bien combiner notre voyage de Fayt à Bruxelles, nous avons besoin de connaître les routes et les moyens de transport, le canal, les chemins de fer, les autos, les avions, nous avons choisir la voie et le véhicule qui conviennent le mieux à notre but et à nos modestes ressources et enfin nous devons nous mettre en route et persévérer jusqu’au bout.

Prenons donc la bonne habitude de nous informer soigneusement et de délibérer prudemment avant d’agir, mais une fois la décision prise, sachons agir avec vigueur et constance. Voyons maintenant comment il faut appliquer tout ceci à notre formation sociale.

III. – APPRENDRE A VOIR.

A. Les moyens de voir fournis par la J. O. C.

Et tout d’abord réjouissons-nous en constatant que la J. O. C. procure ses membres de nombreux et excellents moyens d’apprendre à voir les réalités sociales.

1. – Les Jocistes, en effet, grâce aux réunions des sections locales et des fédérations régionales sont mis en relations avec beaucoup de jeunes gens intelligents, sérieux, observateurs ; ils peuvent donc dans des conversations amicales apprendre mille détails sur les industries de leur région, sur les conditions de travail, sur les besoins, les sentiments et les besoins des ouvriers. Les caractères si variés et les aspirations si diverses de leurs camarades les invitent, tout naturellement, à des réflexions intéressantes.

2. – Le fonctionnement des sections et des fédérations leur montre les nécessités et les difficultés de la vie des associations, leur fait comprendre le rôle des chefs et l’utilité des règlements, les persuade que la bonne volonté et la générosité des membres sont indispensables pour la prospérité des groupes.

3. – Les conférences et les articles des bulletins de la J. O. C. complètent cet enseignement mutuel en fournissant aux Jocistes des idées claires sur le programme, l’activité, les succès de leur fédération nationale, sur les principaux problèmes religieux, scientifiques, économiques, politiques, qui méritent de les intéresser, sur les hommes qu’ils peuvent prendre pour modèles, sur la vie et le développement des organisations ouvrières chrétiennes qui réclament leur sympathie et leur appui.

4. – Les enquêtes organisées par la J. O. C. au sujet de la situation des jeunes travailleurs salariés ont une très grande importance pour la formation sociale de ses membres. Les dirigeants des fédérations régionales auraient grand tort de négliger ce puissant moyen d’instruction et de propagande. Ces enquêtes, en effet, permettent, d’une part, de bien adapter l’activité des sections aux besoins de la jeunesse ouvrière dans la région ; elles empêchent les membres des comités de s’endormir ; et d’autre part, elles favorisent le recrutement des sections car elles montrent aux jeunes travailleurs le grand intérêt que la J.O.C. leur porte et une partie des avantages qu’ils peuvent attendre de leur participation au mouvement Jociste. On peut se servir pour ces enquêtes des excellents questionnaires publiés par le Secrétariat Général, mais on doit à tout prix obtenir que le plus grand nombre possible de membres s’occupent activement de recueillir les renseignements et par conséquent on doit leur faciliter la besogne et bien leur expliquer la portée des questions posées. Il faut aussi que les résultats de l’enquête et les rapports à rédiger soient discutés très soigneusement par les comités d’abord, puis par les sections tout entières.

5. – Les Congrès régionaux et nationaux, outre qu’ils servent à resserrer les liens d’amitié entre les délégués des différentes sections ; à nourrir l’enthousiasme si nécessaire au mouvement, à déterminer le chemin à suivre, fournissent aussi l’occasion d’étudier en commun certaines questions sociales importantes.

6. – Je n’ai certes pas besoin de vous démontrer qu’un cercle d’études bien conduit et bien vivant est un excellent instrument de formation. Les Jocistes qui participent régulièrement et activement à un pareil cercle savent tout le bénéfice qu’ils en retirent pour leur instruction et leur éducation. Mais permettez-moi de vous rappeler que pour tirer tout le parti possible de cette institution, les membres doivent être assidus aux séances, se charger volontiers d’exposer une question et prendre part aux discussions. Cela demande beaucoup de petites victoires sur la paresse, qui craint le travail et la réflexion, sur la timidité qui paralyse, sur la vanité qui redoute une critique, un sourire ou un insuccès. D’autre part, la direction d’un cercle d’études étant un art difficile, il est désirable que leurs directeurs consultent les maîtres de cet art et l’expérience de leurs collègues.

B. Première chose à voir : les bienfaits reçus de Dieu par l’intermédiaire du prochain.

Puisque vous disposez de tant de bons moyens pour apprendre à voir les réalités sociales, il me suffira de vous signaler les quelques faits principaux qui méritent tout spécialement votre attention, car ils vous aideront à comprendre beaucoup de choses.

1. – Voyez donc, mes chers Amis, combien de bienfaits vous avez reçus de Dieu par l’intermédiaire des autres hommes, voyez combien vous dépendez pour tout ce qui est nécessaire à votre vie, à votre développement moral, intellectuel, corporel du concours de votre prochain.

Pensez donc au dévouement de vos parents, aux rudes travaux de votre père, aux soins incessants de votre mère. Comptez les années que vous avez passées, petits enfants heureux et insouciants dans la maison paternelle, les années pendant lesquelles vous avez fréquenté l’école. Essayez de calculer le nombre des hommes qui ont travaillé pour vous, pour préparer votre pain, pour confectionner vos vêtements, pour bâtir votre maison, pour paver vos rues, pour vous chauffer, pour vous éclairer. Joignez-y l’armée de tous ceux qui ont contribué à votre éducation et à votre instruction, de vos instituteurs, de vos prêtres, de ceux qui vous ont appris votre métier, ou bien encore qui ont écrit des livres ou des journaux pour votre usage ; sans oublier, bien entendu, ceux qui vous ont enrôlés dans la J. O. C. et ceux qui la dirigent pour votre plus grand bien.

2. – Mais remarquez, je vous prie, que vous n’êtes pas seuls à bénéficier ainsi du concours de milliers de vos frères : les hommes travaillent les uns pour les autres et le développement des moyens de communication ainsi que les progrès de la technique accroissent chaque jour la solidarité humaine, au moins matériellement. Le blé et la viande que nous mangeons viennent en grande partie d’Amérique, la laine de nos vêtements d’Australie et le coton d’Egypte ; le café que nous buvons et le caoutchouc de nos talonnettes arrivent du Congo ou du Brésil ; le papier des résumés que vous avez sous les yeux a été fabriqué avec du bois de Norvège ou de Suède, du kaolin d’Angleterre, des résines françaises ou portugaises, des aluns et des colorants allemands. Le cuivre des canalisations électriques de cette salle a été probablement fourni par l’Espagne ou le Katanga, tandis que les lampes électriques proviennent en partie d’une fabrique hollandaise. Dans le domaine intellectuel il en est de même.

Nos philosophes vous diront ce qu’ils doivent aux réflexions profondes des penseurs de la Grèce antique et même aux études des Arabes du haut Moyen-Age. Nos savants reconnaîtront volontiers que le progrès des sciences est dû à la collaboration de tous les peuples à travers les siècles. Nos techniciens vous signaleront que les merveilleuses inventions que nous utilisons chaque jour presque sans y penser ont pour auteurs chacune vingt, trente, quarante chercheurs des nationalités les plus diverses. Nos prêtres nous ont souvent répété que la doctrine qu’ils nous enseignent est l’Evangile du Christ, transmis depuis dix-neuf siècles par les apôtres et leurs successeurs à toutes les générations de tous les peuples.

Vous comprendrez d’autant mieux la dépendance dans laquelle les hommes vivent les uns à l’égard des autres que vous considérerez plus attentivement l’extrême diversité des hommes, de leurs âges, de leurs talents, de leurs caractères, de leurs aspirations, de leurs occupations, de leurs fonctions, des résultats qu’ils obtiennent, des services qu’ils rendent.

:

C. Deuxième chose à voir les avantages que nous procure la vie sociale.

1. – Lorsque vous aurez ainsi bien pénétré le fait fondamental de la vie sociale, c’est-à-dire l’extrême diversité des hommes et la faiblesse de chacun pris isolément, vous vous rendrez compte des causes qui provoquent le groupement des individus en familles, nations, provinces, communes, corporations, syndicats, mutualités, coopératives et en mille autres sociétés.

2. – Vous constaterez aisément que certains de ces groupements, la famille et la cité, sont naturels et nécessaires à tous les hommes, en tout pays et en tout temps. Sans la famille, la croissance et la bonne éducation des enfants seraient pratiquement impossibles et sans la cité les familles resteraient à l’état sauvage, dans l’ignorance, la misère et probablement la corruption.

D’autres groupements, par exemple les professions organisées ou corporations, sont presque aussi nécessaires, mais seulement lorsque la division du travail et par conséquent le progrès industriel ont atteint un certain degré. L’histoire du 19e siècle nous montre, en effet, les troubles profonds, les désastres sociaux, que cause l’absence d’une organisation professionnelle convenable. Vous connaissez les injustices, les misères, les révoltes, les luttes, les déchéances physiques et morales, qui ont été les conséquences de l’application outrancière des principes du libéralisme politique et économique par les dirigeants de la Révolution française et par leurs successeurs et imitateurs de tous les pays.

L’Eglise est une société parfaite et indépendante, instituée par le Christ, pour diriger et assister les hommes dans l’œuvre de leur salut. C’est aussi la société qui nous procure les plus grands et les plus nécessaires bienfaits. Depuis notre enfance elle a pris soin de nous par l’intermédiaire des groupements inférieurs auxquels elle nous a confiés : notre diocèse, notre paroisse.

D’autres groupements encore, par exemple, les sociétés anonymes, les coopératives, les dramatiques, les chorales, ne sont pas nécessaires, mais simplement utiles. L’existence de ces sociétés assure aux hommes plus de bien-être et de perfection, mais elle n’est pas indispensable pour arriver à ce résultat.

3. – Rappelons-nous donc souvent, mes chers Amis, tout ce que nous devons aux sociétés dont nous faisons partie : à notre famille dont nous apprécierons toujours mieux les innombrables bienfaits au fur et à mesure que nous croîtrons en âge et en expérience; à notre commune et à notre province dont l’administration nous a procuré la sécurité, la facilité des communications, la lumière électrique, l’eau potable en abondance, les progrès de l’hygiène, l’aménagement de nos agglomérations; à notre Patrie dont nous avons reçu de si nobles traditions d’honneur et de travail, une liberté si large et tant de bien-être; à l’Eglise Catholique qui nous a communiqué les vérités révélées par Dieu et qui nous administre les sacrements. N’oublions pas, bien entendu, notre chère J. O. C. et la grande famille qu’est l’A. C. J. B.

Sachons aussi reconnaître tout le bien que nous ont fait d’autres sociétés dont nous ne faisons pas partie, mais qui nous servent directement ou indirectement : les ordres religieux qui s’occupent de notre instruction, de notre éducation, de notre évangélisation, les sociétés savantes qui préparent les progrès de la civilisation et de la technique, les syndicats chrétiens qui étudient, soignent et défendent nos intérêts professionnels, les mutualités qui nous assurent contre les risques de la vie et nous garantissent une pension de vieillesse, les coopératives chrétiennes qui nous procurent des marchandises de bonne qualité, à bon marché, tout en favorisant le développement de notre mouvement ouvrier chrétien, les ligues de travailleurs qui se consacrent au relèvement intellectuel et moral des ouvriers industriels et au soin de leurs intérêts généraux, les sociétés industrielles et commerciales qui facilitent l’approvisionnement de notre pays, et bien d’autres qu’il m’est impossible d’énumérer.

4. – Mes chers Amis, je ne voudrais à aucun prix être injuste et je suis certain d’interpréter votre pensée, en mentionnant aussi, en ce moment, certaines organisations socialistes. Je devrai vous mon montrer en détail samedi2 tout ce qui nous sépare des socialistes, condamner leurs erreurs, signaler tout le mal qu’ils font aux âmes et c’est pourquoi je tiens à reconnaître aujourd’hui les services matériels rendus aux ouvriers par plusieurs institutions socialistes et à rendre hommage au dévouement désintéressé de certains militants obscurs qui ont consacré leur vie au service de leurs camarades. Quant aux chefs mêmes dont nous considérons la direction comme funeste, nous savons distinguer leurs intentions, que nous ne jugeons pas, de leurs œuvres que nous combattons.

D. Troisième chose à voir : notre dette de reconnaissance.

Ayant compris le rôle joué par les différents groupements et les services qu’ils vous ont rendus ou qu’ils vous rendent, vous éprouverez le désir de payer petit à petit votre dette de reconnaissance en collaborant à l’œuvre commune, en apportant votre concours dévoué à quelques-unes des sociétés que nous avons considérées. Vous serez des membres utiles dans votre famille, de bons citoyens dans votre commune et dans votre Patrie. Vous êtes déjà enrôlés ou vous vous enrôlerez plus tard dans différentes organisations ouvrières chrétiennes. Mais pour mieux vous préparer à votre rôle social, vous collaborerez dès maintenant à la réalisation du programme de la J. O. C., au développement de ses différentes sections. Dans ce but vous devrez étudier attentivement les besoins des jeunes travailleurs salariés de notre pays. L’admirable programme adopté, il y a quelques mois, par votre premier Congrès National vous servira de guide.

E. Quatrième chose à voir : les immenses besoins des jeunes travailleurs.

Vous constaterez aisément que la situation des jeunes ouvriers et employés de Belgique laisse énormément à désirer.

1. – Certes, au point de vue matériel, des progrès considérables ont été réalisés depuis quelques années. La plupart de nos jeunes gens ne se plaignent pas, pour le moment3, de leur salaire et ils espèrent que la prospérité du pays permettra plus tard de nouvelles améliorations. La journée de huit heures ménage suffisamment leurs forces, sauf dans quelques cas exceptionnels. Il y a pourtant encore dans les industries exercées à domicile, dans certaines entreprises commerciales, des travaux excessifs, une exploitation abusive de la bonne volonté des jeunes salariés. Mais sous le rapport de l’hygiène, de la prévention des accidents, de la lutte contre les maladies professionnelles, de l’éclairage, de l’aération, de la propreté des ateliers et des bureaux, des installations sanitaires, du soin des blessés beaucoup d’améliorations sont encore nécessaires.

2. – Au point de vue intellectuel, la situation est moins bonne. L’instruction primaire a été beaucoup améliorée et les jeunes ouvriers d’aujourd’hui sont incomparablement mieux instruits que ceux d’il y a vingt ans. L’instruction professionnelle est en progrès, mais les écoles ne sont pas encore toutes bien outillées, elles ne disposent pas d’un personnel enseignant suffisamment nombreux et spécialement formé en vue de sa délicate mission. Un grand nombre de jeunes travailleurs n’ont pas été convenablement orientés au début de leur apprentissage. D’autres, tentés par l’appât de gains rapides et importants ne fréquentent aucune école, n’apprennent aucun métier. Ils sont condamnés à rester, toute leur vie, des manœuvres. Malheureusement l’instruction religieuse et morale des jeunes ouvriers est tout à fait insuffisante. Ils ne devraient pas se contenter des notions élémentaires qu’ils ont acquises au catéchisme, ils auraient besoin de suivre des cours complémentaires, de participer aux travaux de cercles d’études ; mais, hélas, ils négligent de le faire. La formation économique, artistique, civique des jeunes salariés est aussi très défectueuse.

3. – Au point de vue moral, la situation est réellement inquiétante. Certains ateliers, certains trains ouvriers exposent la pureté, la dignité, des jeunes travailleurs à de graves périls et trop souvent la majorité des jeunes gens tout en condamnant et en méprisant les quelques vauriens qui déshonorent la classe ouvrière se laissent tyranniser par eux. L’organisation du travail est funeste à la santé morale des jeunes salariés dans un trop grand nombre d’établissements. Dans beaucoup d’autres la surveillance des ateliers à ce point de vue est scandaleusement insuffisante ou bien confiée à des personnages peu recommandables. Cette situation doit prendre fin : elle est intolérable. Un autre fait à déplorer est l’affaiblissement progressif de la conscience professionnelle chez les jeunes ouvriers. Certains d’entre eux en sont arrivés à penser qu’ils peuvent perdre volontairement du temps qui leur est payé, qu’ils peuvent travailler négligemment. Vous avez entendu comme moi raconter à ce propos dans des réunions de Jocistes des choses que l’on aimerait à considérer comme invraisemblables et qui sont pourtant des réalités quotidiennes dans certains ateliers.

IV. – APPRENDRE A JUGER.

Lorsque vous aurez regardé attentivement autour de vous; lorsque vous connaîtrez tous les bienfaits dont vous êtes redevables à Dieu, qui vous les a fait parvenir par vos frères; lorsque désireux de payer votre dette de reconnaissance vous aurez étudié les besoins des jeunes travailleurs, vos camarades, auxquels vous pouvez faire tant de bien; vous aurez à juger les situations existantes, à choisir les moyens à employer pour les améliorer; vous aurez à déterminer les remèdes qui conviennent aux maux constatés.

Apprendre à juger est chose difficile et vous devrez demander souvent le secours de maîtres compétents et dévoués ; des directeurs de vos cercles d’études, par exemple. Je ne puis aujourd’hui vous présenter que quelques réflexions, mais elles vous signaleront des règles très importantes.

Vous devrez donc apprendre à discerner ce qui est bon, de ce qui est mauvais ; ce qui est bon de ce qui est agréable ; ce qui est bon de ce qui est réalisable.

A. Le bon et le mauvais.

Pour discerner le bon et le mauvais dans la conduite d’un être intelligent, il faut posséder une règle suprême, car un être raisonnable n’agit pas sans motifs suffisants. Lorsque vous mangez, lorsque vous étudiez, lorsque vous travaillez à l’atelier, dans la mine, sur le chantier vous avez un but et c’est d’après ce but que vous réglez vos actions. Vous voulez vous fortifier, vous reposer, vous instruire, gagner de l’argent. Mais pourquoi voulez-vous tout cela ? Est-ce pour aider vos parents ? Pour vous préparer à fonder une famille ? Pour devenir des citoyens utiles à leur pays ? Pour contribuer au relèvement de vos camarades ? Mais encore une fois, pourquoi voulez-vous tout cela ? Un homme digne de ce nom doit pouvoir indiquer le but suprême de sa vie, le motif profond de toutes ses actions raisonnables. Il ne s’agit pas dans la vie de faire quelques pas à droite, quelques pas à gauche, quelques pas en arrière et, de temps à autre, quelques pas en avant. Non, il s’agit de marcher droit au but, afin d’arriver vite et bien.

Notre Seigneur Jésus-Christ est venu nous indiquer le but suprême de notre vie, et ce qu’Il nous a proposé dépasse tout ce que nous aurions pu désirer : connaître Dieu, L’aimer, ainsi Le glorifier et jouir d’un parfait bonheur, pour toujours.

Tout ce qui est contraire à cela, tout ce qui nous empêche d’atteindre ce but est mauvais ! Vouloir ce qui est mauvais, c’est trahir notre devoir et mettre en danger notre bonheur.

Vous apercevrez immédiatement quelques conséquences de ce principe : les institutions sociales qui favorisent effectivement la réalisation de notre destinée sont bonnes, celles qui s’y opposent sont mauvaises.

La production industrielle n’est pas une fin dernière, mais un moyen. Elle ne devrait jamais servir de prétexte à nuire à des intérêts spirituels supérieurs. On doit accepter volontiers de sacrifier un peu d’argent où quelques commodités pour obtenir un progrès moral ou religieux ! Le souci de promouvoir ses propres intérêts matériels est légitime, mais il ne peut être poussé jusqu’à faire disparaître la fraternité chrétienne !

B. Le bon et l’agréable.

Ce qui est agréable n’est pas toujours bon : il y a dans l’homme des appétits déréglés : les satisfaire c’est se détourner du vrai but : voyez l’ivrogne qui cherche le plaisir, qui se dégrade, perd son temps, ruine ses énergies naturelles et met en péril son bonheur. Parfois le devoir paraît dur et désagréable, il impose des sacrifices douloureux mais la joie est toujours au bout. Il faut donc savoir distinguer les biens apparents, qui passent, des biens véritables qui demeurent. Les sacrifices faits pour une grande cause, le travail obscur et fatigant de la propagande chrétienne, les cotisations fidèlement payées sont des biens impérissables.

C. Le bon et le réalisable.

Ce qui est bon en soi n’est pas toujours et partout réalisable. Bien des réformes utiles, bien des améliorations désirables doivent être remises à plus tard. C’est un grand art, mais un art nécessaire dans l’action sociale, de savoir attendre le moment favorable, de savoir tenir compte des ressources matérielles, et du personnel disponible, des longs délais nécessaires, des transitions à ménager. Il ne faut jamais lâcher la proie pour l’ombre.

V. – APPRENDRE A FAIRE.

Mes chers Amis, votre extraordinaire attention et les marques d’assentiment que vous m’avez données me prouvent que vous comprenez, d’une part, la grandeur des bienfaits que vous avez reçus de Dieu par l’intermédiaire des sociétés dont vous faites partie et les immenses besoins de notre chère jeunesse ouvrière belge et, d’autre part, le devoir impérieux qui s’impose à vous de remercier Dieu et de Lui témoigner votre reconnaissance en contribuant généreusement au relèvement moral, intellectuel et matériel de cette jeunesse ouvrière, pour le plus grand bien de tous les travailleurs, de la Patrie et de l’Eglise. Vous comprenez aussi qu’il faut beaucoup d’intelligence et de prudence dans le choix des moyens à employer dans cette grande œuvre. Mais vous vous demandez maintenant comment vous vous exercerez à servir vos camarades pour l’amour du Christ et quels secours vous pouvez attendre dans cette entreprise.

A. Comment vous exercerez vous ?

Distinguons, si vous le voulez, le bien que chacun de vous peut faire individuellement aux membres de sa famille, aux camarades qui l’entourent, le bien qu’il peut faire en travaillant pour la J. O. C. et le bien qu’il peut faire par la J. O. C.

1. Vous n’allez pas faire des discours, des sermons à vos frères ou à vos camarades. Vous n’allez pas entamer avec eux de grandes discussions; mais vous saurez à l’occasion par votre silence ou par votre attitude réservée montrer que vous désapprouvez les conversations légères ou mauvaises, vous saurez d’un mot bien choisi montrer combien sont faibles et ridicules les attaques contre la Religion; vous saurez donner modestement, discrètement, un conseil fraternel à un pauvre camarade qui se laisse entraîner vers le mal, vous saurez faire appel à l’honneur, à la loyauté, à la dignité des jeunes travailleurs pour les arrêter, les fortifier, ou les encourager.

Mais, surtout, et ce sera là votre grand moyen d’action, vous donnerez le bon exemple. Vous soignerez votre tenue, vos habits seront toujours propres et bien ajustés ; vous parlerez correctement et vos paroles seront toujours dignes d’un chrétien ; vous exécuterez votre travail honnêtement, courageusement, soigneusement. Vous vous montrerez tels que vous voulez être : pieux, modestes, honnêtes, généreux, vaillants. Vos camarades à vous voir ainsi admireront en vous une image du Christ : ils goûteront quelque chose de l’incomparable joie de ceux qui voient le Christ, ils vous respecteront et vous imiteront.

2.- Mais, non contents de cette action individuelle, vous voudrez décupler votre force pour le bien en travaillant pour la J. O. C., en contribuant à constituer, maintenir et développer la fédération nationale, les fédérations régionales, les sections locales ou spéciales, les œuvres de la J. O. C. Vous obtiendrez ainsi un triple résultat : vous forgerez les puissants outils qui serviront à l’action collective de la J. O. C., dont je parlerai dans un instant ; vous vous perfectionnerez vous-mêmes par l’exercice de nombreuses vertus et vous exciterez vos compagnons à s’assurer les mêmes avantages.

Quel puissant moyen d’éducation sociale et religieuse que la collaboration fidèle des Jocistes

à l’action de leurs groupements! Comment compter les triomphes que doit remporter sur lui- même le jeune travailleur qui veut assister régulièrement aux réunions, payer ses cotisations au jour fixé, écouter avec attention les orateurs, lire sérieusement les articles et les circulaires, réfléchir profondément et donner un bon avis dans les assemblées ; participer activement aux enquêtes et discussions. Par ces exercices, fréquents et difficiles, la volonté se trempe, le caractère se forme, l’enfant d’hier devient le chrétien généreux et résolu de demain.

L’effort demandé et les avantages moraux assurés aux membres des comités est encore plus grand. Ils doivent, en effet, mener une propagande méthodique et soutenue, tenir bien à jour les registres et les comptes, organiser des séances intéressantes, se conformer aux directives du Comité général et des Comités régionaux, assurer le fonctionnement régulier de divers services. Dans les premiers temps, aux heures d’enthousiasme, tout cela peut être agréable et facile, mais pour continuer, sans défaillance, aux heures d’insuccès et de lutte, malgré la fatigue et l’ennui, il faut être bien courageux et beaucoup aimer le Christ.

C’est ainsi que la J. O. C. prépare des membres et des chefs, vraiment utiles et bienfaisants, pour les organisations ouvrières. Elle est une école d’initiative, d’activité, de générosité. Vous pouvez en être fiers.

3.- Par la J. O. C. et par ses divers services, vous réaliserez le magnifique programme acclamé au Congrès de Pâques. Vous rendrez confiance, courage et joie aux jeunes travailleurs. Vous les protégerez contre les influences mauvaises et vous obtiendrez pour eux, en agissant sur l’opinion publique, sur les autorités civiles ou militaires, sur les patrons, plus de sécurité, plus de bien-être, plus de bonheur.

B. Quels secours pouvez-vous attendre ?

Vous êtes assez intelligents et assez sérieux, vous avez assez l’expérience de votre faiblesse pour comprendre que des secours puissants vous sont nécessaires pour mener à bien vos généreuses résolutions en faveur des jeunes travailleurs de Belgique.

1. – Le secours dont vous avez besoin, absolument besoin, vous est offert par Dieu. Il ne tient qu’à vous d’obtenir ce secours : vous savez où vous pouvez le trouver. Notre cher Sauveur nous a laissé son Eglise, qui nous donne les enseignements et la direction nécessaires à notre action religieuse et sociale et qui met à notre disposition les sacrements. En priant chaque jour avec humilité, confiance et persévérance, en assistant à la messe, en communiant souvent, nous augmentons immensément notre puissance pour le bien. Prenons donc l’habitude de prier beaucoup pour nos camarades, pour notre chère J. O. C., pour ses chefs, pour les prêtres-directeurs des diverses fédérations ou sections.

2. – Mais en dehors de ce secours divin sur lequel vous pouvez compter avec certitude puis- que vous connaissez l’amour de Notre Bon Maître pour vous, ne comptez pas trop sur d’autres secours ! Si de jeunes intellectuels zélés ou des personnes généreuses et désintéressées vous aident, tant mieux ; mais n’attendez pas ces interventions pour agir.

Voilà bientôt vingt ans que je suis de très près, avec la plus grande attention, le développement de nos organisations ouvrières chrétiennes et j’ai toujours vu que ces organisations grandissent et prospèrent lorsque les ouvriers qui en font partie les considèrent vraiment comme leur affaire et veulent sérieusement en assurer le succès. Au contraire, j’ai vu végéter ou périr toutes les organisations ouvrières dont les membres attendaient passivement les résultats de la propagande, des démarches, des combinaisons de prêtres zélés ou de bourgeois dévoués.

Un rédacteur de votre bulletin, de la Jeunesse Ouvrière, écrivait avec raison le mois dernier, qu’une condition essentielle du succès de l’action Jociste est le concours très actif de tous les membres du comité. « Pour présider les réunions, pour percevoir les cotisations, pour tenir la comptabilité, pour représenter la section au comité fédéral, pour mettre tout en règle, avec le secrétariat régional et national, il faut que des jeunes se dévouent, se démènent, apprennent à écrire, à parler, à agir ».

Ne comptez donc pas trop sur des concours humains. N’attendez pas pour agir que d’autres commencent, que d’autres vous aident, que d’autres vous encouragent !

Ne comptez pas trop sur la collaboration des jeunes intellectuels laïcs : pour votre propagande, pour vos cercles d’études, pour la rédaction de vos journaux et de vos bulletins. Depuis vingt ans, en Belgique, les jeunes intellectuels laïcs qui se sont donnés entièrement aux organisations ouvrières pour les servir sont très rares : on pourrait presque les compter sur les doigts. Quant aux jeunes intellectuels, étudiants, avocats, médecins, ingénieurs, qui prêtent occasionnellement leur concours à nos syndicats, à nos mutualités, à nos coopératives, à nos ligues ouvrières ils sont encore beaucoup trop peu nombreux. Malheureusement, à l’heure actuelle, dans certains milieux, les jeunes bourgeois catholiques sont pleins de défiance à l’égard de nos organisations ouvrières et ils hésitent à soutenir leur action sociale. Ces faits sont regrettables, mais nous ne pouvons pas espérer de sitôt un grand changement dans l’état des esprits. Il faut vous en accommoder et redoubler d’efforts pour compenser cette absence de secours utiles. J’espère que les jeunes propagandistes formés par l’Ecole centrale ouvrière de Louvain vous rendront de grands services.

Ne comptez pas trop non plus sur l’aide matérielle de vos prêtres. Certes ils vous donneront, au nom des Evêques, la direction, l’appui moral et les encouragements dont vous avez besoin. Mais vous savez combien nos curés et nos vicaires sont peu nombreux, combien ils sont sur- chargés de travail apostolique. Ils se doivent à toutes les âmes, aux malades, aux pauvres, aux pécheurs ; ils n’ont pas la liberté et le temps nécessaires pour se mettre à votre service comme ils le voudraient. Du reste, vos prêtres ne peuvent vous suivre à l’atelier, sur les trains, au café, et vous avez à remporter là des victoires décisives.

Ne comptez surtout pas sur les aumônes des riches pour alimenter vos caisses et soutenir votre propagande. Vous devez avoir à cœur de payer tout vous-mêmes, grâce au produit de votre travail ! Vous obtiendrez ainsi bien plus facilement la confiance des âmes que vous voulez conquérir ; vous vous attacherez plus entièrement à la J. O. C., qui sera plus complètement votre œuvre ; et vous serez particulièrement bénis par notre Divin Maître souvenez-vous de son émotion lorsqu’il vit la pauvre veuve déposer ses deux petites piécettes de monnaie dans le tronc du temple. Lorsqu’Il sera témoin des petits sacrifices que vous ferez pour la prospérité de vos groupements Il s’en réjouira et vous aidera plus merveilleusement encore.

3. – Je dis « plus merveilleusement encore », car le rapide développement de la J. O. C., votre zèle, votre générosité, votre piété, votre enthousiasme sont déjà des bienfaits magnifiques de notre Bon Maître.

Quelles œuvres étonnantes vous pourriez accomplir si vous répondiez entièrement aux invitations, aux offres de la grâce divine !

Y répondre entièrement, vous ne le ferez pas : nous devons sincèrement reconnaître notre faiblesse et en prévoir les conséquences. Mais disposés comme vous l’êtes, je suis certain, absolument certain, que vous ferez de grandes choses : demain dans la J. O. C., après-demain dans nos autres organisations ouvrières. Et ainsi, par votre action généreuse et persévérante, beaucoup d’ouvriers wallons reviendront au Christ qui les aime et les attend.

1 Leçon donnée à la Semaine d’études de la J. O. C. à Fayt, le jeudi 23 septembre 1925.

2 Dans la leçon sur « le Socialisme et la Religion ». (Cette leçon paraîtra prochainement en brochure des Editions Jocistes.)

3 Septembre 1925.